Autodestruction (2)
Quand le monde se change en un charnier infâme
Où retentit un cri cuisant, désincarné,
Et que d’un fade éclat jaillissant de nos âmes
Il éclaire la nuit d’un siècle décharné ;
Quand l’homme se transforme en un fléau hideux
Gémissant un blasphème enrobé de cigüe,
Et que d’un mot funeste et vainement hargneux
Il jette bas l’attente en cendres ambigües ;
Quand nos rêves gravés sur l’or, en mots épars,
Se fendent en éclats infectés et puants,
Chaque fois que quelqu’un ferme ses yeux hagards
Sur l’engloutissement des espoirs insolents ;
Notre vie se transforme en un chaos informe
Où l’éden en chutant précipite la fin ;
Sur la terre brûlée, nos pensées uniformes
Mettent nos vies à sac, cataclysmes mesquins.
Ces alexandrins, "illustration" du dessin que j'avais mis en ligne avant hier, sont librement inspirés du Spleen LXXVIII de Beaudelaire.