Poétiquement votre...

Publié le par Koka

Je ne suis pas très inspirée, ce soir... Plutôt que d'écrire des mots qui n'auraient ni intérêt ni sens précis, je vous invite à découvrir ces vers que j'affectionne particulièrement. Oh, bien sûr, mon choix n'est pas un exemple d'originalité, mais on peut aussi penser que ces poésie sont tellement connues parce qu'elles sont tellement réussies. Pour résumer, ces mots sont un exemple de talent et de simplicité que j'aimerais bien atteindre.
Je vous invite donc à les découvrir, à les faire sonner et à vous laisser porter par leur rythme...


Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.


Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.
Les couteaux lui restaient au flanc jusqu'à la garde,
Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang ;
Nos fusils l'entouraient en sinistre croissant.
Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
Et, sans daigner savoir comment il a péri,
Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.


C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent, où le soleil, de la montagne fière,
Luit ; c'est un petit val qui mousse de rayons.


Je vis, je meurs: je me brule et me noie,
J'ai chaud extrême en endurant froidure;
La vie m'est et trop molle et trop dure,
J'ai grands ennuis entremélés de joie.
Louise Labé

Et de longs corbillards, sans tambours ni musique, 
Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir, 
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique, 
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
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Publié dans Au jour le jour...

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S
Bonsoir,il est bon parfois de se ressourcer dans les mots des autres qui sont aussi les notres quelques part, nos histoires croisent les leurs..Merci pour ces redécouvertes. Amitiés.
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