Amnésique
Je ne me souviens plus si j’ai mal ou bien froid,
Si c’est d’entre mes doigts qu’un chant s’est envolé…
Chant du cygne… étranger… L’absurde creuse en moi
Un labyrinthe ailé, niche des feux follets.
Je ne me souviens plus si c’est l’eau ou le sang,
Ou la cendre, qui sait, qui coule des blessures…
Si la guerre, si le sel, désertiquement blancs
Ont écrasé un homme et creusé les fissures.
Je ne me souviens plus si je suis, si j’étais,
Si le sol me connaît quand vole la poussière…
De la poudre d’étoile roule dans ses secrets,
Etincelle un instant, et se tait, meurtrière.