Lundi 29 novembre 2010 1 29 /11 /Nov /2010 21:17

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Mes yeux s'évadent vers le firmament, si loin

Des faiblesses de l'humain...


Ne voyez pas de mépris dans ces quelques mots... juste un besoin d'échappatoire face à l'étroitesse d'esprit de certains. L'anecdote qui m'a inspiré ces mots est tellement mesquine qu'une fois le premier énervement passé, elle ne vaut même pas la peine d'être racontée. D'ailleurs, ce blog n'est pas destiné à développer des propos scatologiques !

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Samedi 27 novembre 2010 6 27 /11 /Nov /2010 13:46

Que la vie est étrange... Après une soirée bien trop arrosée hier soir, une jolie grasse matinée, je me suis réveillée avec une envie de Pumking Pie. Non, en fait je dis n'importe quoi ; j'ai bien pris une part de tarte à la citrouille pour le petit déjeuner, mais c'est seulement pour finir les restes. Ce qui est étrange, ce matin, c'est la façon dont mon esprit fonctionne. Des restes de vapeurs d'alcool peut-être. Je vous explique :

Je me suis réveillée tard - midi passé - et une chose en entraînant une autre, j'ai finit par plonger avec délices dans un bain, les yeux encore tout ensommeillés. Et là, j'ai commencé à délirer sur une vérité pourtant profonde : "Le temps n'est pas géostationnaire". Vous n'avez rien compris ? C'est normal. En fait, c'est juste que le temps passe parfois plus vite et parfois moins vite. Et c'est en automne qu'on s'en rend le plus compte. Un instant, un grand soleil, et quelques minutes plus tard, la pluie. Et quand on se lève à midi, il ne reste plus que quelques heures de jour... Et on se demande : est-ce une impression ou bien le temps passe de plus en plus rapidement ? Et le passé, qu'est-ce réellement ? Passé, futur, ce ne sont que des illusions, n'est-ce pas. Seul compte cet instant qui n'est même pas mesurable, cet instant sans épaisseur qu'on appelle le présent. Et pourtant, j'ai parfois l'impression que le temps s'arrête. Je ne comprends plus rien. Alors j'écris dans l'instant.

 

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L'hiver avance, camouflé

Par le temps qui s'affole

En conjectures indolentes,

Transformation parabolique

De ressentis glacés.

 

Le temps est en dehors de moi,

Si calmement passé

Apparence d'éternité...

Le temps est en dehors de moi

Quand le passé n'est plus.

 

 L'hiver s'entortille, masqué

Par le moment fractal

Immuablement continu,

      Transmutation cunéiforme

Des intervalles brûlants.

 

Le temps est en dehors de moi,

Sans cesse accéléré,

 Instant subjectif, idéal,

Le temps est en dehors de moi,

Rêve transcendantal.

 

 


L'image vous dit quelque chose ? C'est normal, c'est simplement une autre vue de cette oeuvre d'art que je vous avais présentée ...

Vous êtes curieux d'en savoir plus sur le temps, je savoir quelle lecture m'a inspirée ? Allez donc voir ici, un cours de philosophie sur le temps, sur notre temps.


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Jeudi 25 novembre 2010 4 25 /11 /Nov /2010 11:41

L'inspiration ne vient pas aujourd'hui. Il y a des jours, comme ça. Je regarde le ballet incessant des voitures sous ma fenêtre, je regarde le ballet sinueux des lignes colorées qui s'affichent sur mon ordinateur, je regarde encore un avion gris qui vole dans le ciel gris et la carte de France version 1mx1m qui orne le mur de mon bureau, et je peux le dire : l'inspiration ne viendra pas aujourd'hui. Alors pour éviter de ne parler de rien avec des mots creux, je vais vous laisser la parole. Il faut dire, mes derniers articles vous ont inspiré, et je ne voudrais pas laisser toutes ces réflexions pertinentes et gentilles être oubliées trop vite.

 

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Narcisse en pleurs 

 

Lily :

Les mythes ont toujours plusieurs entrées possibles et chacun y prend ce qui lui parle. Pour ma part, je pense qu'ils présentent de façon symbolique la complexité de la psyché. A travers ton récit, tu me donnes envie de davantage connaître l'histoire de Narcisse. Je ne sais pas si nous pouvons parler de pureté et d'innocence, moi, à priori je discerne plutôt une certaine immaturité ou une immaturité certaine. Nous naissons d'une relation (d'amour) entre deux êtres et le sens de notre vie est inscrit là, me semble-t-il. C'est-à-dire, à notre tour, découvrir et aimer d'autres personnes, nous ouvrir à l'altérité.

Il ne s'agit pas de porter des jugements sur ce personnage, mais de tirer de son histoire des éclairages sur l'humain. Je vais y réfléchir ... Pas forcement dans l'immédiat. Ah, ah, "je vais y réfléchir", bien sûr à travers mon beau miroir !  

Bien sur, mon analyse du mythe de Narcisse n'est pas exhaustive. Je ne vais pas faire une thèse sur le sujet, et mes mots sont parfois approximatifs. C'est vrai que Narcisse fait montre d'une immaturité incommensurable, mais j'ai envie de voir dans son histoire plus que cela, peut-être de l'innocence, peut-être le fruit du destin contre lequel on ne peut rien.

Josette :

Pour Don Juan, je ne suis pas certaine qu'il s'aime, je le vois comme l'archétype de l'homme qui n'aime pas les femmes, il n'est là que pour prouver leur faiblesse, toutes les femmes séduites par Don Juan mettent en garde leurs soeurs ;celui qui aime les femmes c'est Casanova ! mais tout ça c'est une autre histoire...

Encore une fois, c'est vraiment pertinent : le parallèle entre Narcisse et Don Juan devait être pris au second degré, et savoir celui-ci s'aime ou se contente de détester les femmes est un vrai débat.

Michelaise :

Que oui certains jours on se croise sans se reconnaître : à ton âge parce qu'on est surpris par la jolie silhouette d'une jeune femme séduisante et qu'on est toute surprise de s'apercevoir que c'est de soi-même qu'il s'agit... à mon âge parce que le visage marqué et un peu gris qui vous fait face au lever n'est pas celui qu'on a de soi dans sa tête !!! et c'est heureux car on se sent jeune d'esprit même si on connaît son âge et il est toujours étonnant de lire dans un miroir les ravages du temps. Le regard nous est donné pour embrasser le monde et il est un peu embarrassé quand c'est nous-même qu'il croise, il n'a pas l'habitude.

C'est exactement cela que je voulais dire... allez, pour la route, une citation d'un roman que je viens de finir :

"Subitement, le reflet d'un visage apparut sur cette vitre arrière.
Marion eut un imperceptible mouvement de recul en se faisant face aussi brutalement.
Son visage était celui d'un fantôme. Ses traits doux ne suffisaient plus aujourd'hui à la rendre agréable au regard, elle était devenue trop pâle, sa lèvre fendue lui barrait la bouche comme la virgule d'une phrase en suspens pour longtemps, ses cheveux couleur sable trahissaient quelques mèches blanches et surtout, ses yeux avaient perdu tout éclat, le jade inquisiteur et flamboyant avait laissé la place à deux braises mourantes. "

Le sang du temps, Maxime Chattam

 

Narcisse en fleurs

 

Le petit poème de Desnos a eu un grand succès - je vous le rappelle, juste pour le plaisir :

Es-tu narcisse ou jonquille ?
Es-tu garçon, es-tu fille ?
Je suis lui et je suis elle,
Je suis narcisse et jonquille,
Je suis fleur et je suis belle

Fille.

 

Josette :" Merci pour les textes avec une préférence pour Desnos ! "

Michelaise :" Mon préféré, qui a fait tilt au point de me dire je vais l'apprendre par coeur celui-là, c'est celui de Desnos... un forme d'expression qui me fait frétiller de joie ! "

Lily :" J'aime bien le petit poème de Desnos, si frais et léger ! "

 

Allez, j'avoue, moi aussi je le trouve délicieux !!

 

Narcisse en leurres

 

Michelaise :

Ce qu'il y a d'étrange et de prenant dans l'oeuvre de Dali c'est que l'image qui, dans l'iconographie traditionnelle, se reflète en miroir selon un ligne de reproduction horizontale, ici est reproduite selon une ligne verticale. Et pas en miroir mais sans reflet, dans le même sens. Cette répétition se fait du sujet adouci à un semblable, pas inversé, mais délité. Cela crée un malaise par rapport au concept du Narcisse, celui ci est semblable à lui-même, puisque dans le même sens, et pourtant de pierre, de ruines et de déliquescence. Ce qu'on suppose être le reflet est, au lieu d'une image idéalisée, et fragile qu'une simple onde pourrait troubler, une image pervertie, grise et immuable dans sa ruine. Cela crée le malaise qui nous saisit à l'idée de cet autre, si loin du premier, et pourtant indissolublement lié à lui.

Encore une fois, merci pour ces remarques judicieuses... il est bon de confronter les points de vue, et je n'avais pas remarqué les détails que tu pointes du doigt. Narcisse en "homothétie" et non un miroir, en effet, c'est peut-être de là que viens le malaise qui m'a pris quand j'ai regardé ce tableau. Un reflet de pierre grise, voilà une vision bien désespérée du mythe de Narcisse.

 

Lily :

Parmi les peintures, celle du Caravage a ma préférence. J'y remarque que le reflet de Narcisse le représente en plus âgé.

Pour ce qui est de Dali, il fait partie du courant avant-gardiste et je m'y retrouve sans vraiment m'y retrouver. J'aime que la scène soit dépouillée de son aspect réaliste et concret pour toucher au symbolisme et à la force qu'exercent sur nous les couleurs. J'y vois le drame humain de la solitude qui conduit à la mort. Une fleur est sur le point d'éclore ... Mais est-ce  suffisant ? Ne sommes nous pas en droit d'espérer plus ? Ne sommes nous pas davantage attirés par ce groupe humain, sur le chemin près du rocher ? Dali dans le poème, à la fin, évoque Gala, la muse, l'aimée, la femme qui peut-être ... lui a fait découvrir (Je ne sais) ce que c'est qu'aimer.

Pour ma part, je pense qu'il est bon d'être un peu narcissique, pour se construire, prendre de l'assurance, mais que la création de liens conditionne notre aptitude au bonheur. Se connaître peut devenir une obsession qui nous tire constamment comme un chien fou et tyrannique vers des horizons de solitude et de dureté. N'est-ce pas aussi dans le regard des autres, amis ou pas, que nous nous découvrons ? Oui, la société prône trop la réalisation personnelle, mais c'est en réaction à une époque où il était jugé coupable de s'intéresser à soi. Équilibre toujours difficile et précaire !

Je n'avais pas remarqué que le visage de Narcisse était flouté, vieilli dans le reflet, mais maintenant que tu le fais remarquer, je n'en trouve que plus de beauté à la peinture du Caragage.

En ce qui concerne Dali, peut-être ton malaise est-il du à l'approche originale et dérangeante consistant à refléter la vie par de la pierre morte et grise ? C'est vrai que le groupe dansant au second plan est bien plus attirant que la figure de Narcisse.

Ce que tu dis sur la nécessité d'être un peu Narcissique tout en restant ouvert aux autres, il n'est pas utile que j'y revienne, n'est-ce pas ? Tu as su exprimer ce que j'aurais voulu dire !

 

Josette :

Je viens de retrouver ce Narcisse de pré vert...(pardon jeu de mot digne d'un almanach !)

Narcisse se baigne nu

De jolies filles nues viennent le voir
Narcisse sort de l’eau s’approche d’elles
et s’aperçoit qu’il n’est plus tout à fait le même
Quelque chose en lui a changé »
Il se caresse de la main
étonné de donner sans le vouloir ni le savoir
comme un jeune cheval entier
les preuves de sa naissante virilité
Et retourne dans l’eau
plus ébloui que gêné
Et regarde les filles
puis
dans l’eau à mi-corps se regarde encore
Et voit
par un phénomène de réfraction
un bâton brisé
Il se noie
Déçu enfantinement désespéré.

Narcisse, Jacques Prévert – Spectacle

Encore une fois, tu es délicieusement dans le ton, Josette... quel plaisir !

 

Narcisse en coeur

 

Josette :

Lorsque tu te regardes dans la glace

En te disant : « C’est moi », il vient toujours

Un moment de panique. Es-tu en face,

Es-tu ici ? Quid de ce moi venu un jour,

Dont il ne restera plus rien. Oui, des douzaines

De photos, une voix. Cire et papier ? Moi, là-dedans ?

Que saur-t-on de mes amours et de mes peines ?

Plus de faims, plus de peurs, pas même un mal de dents.

Silencieux le sang, morte à jamais l’haleine,

Douce haleine brouillant aujourd’hui le miroir

Où mon être apparent a cessé de se voir

Lorsque tu te regardes,  Liliane WOUTERS (1930 Belgique) 

 Merci de nous faire découvrir cette artiste, Josette !!

 

Les Vendeurs d'Orviétan

 

Michelaise :

En riant sous cape quand tu traiteras quelqu'un de "vendeur d'orviétan", ça sonne bien, il croira peut-être à un compliment !

J'y pense... à la première occasion, je serai curieuse de voir la tête que fera celui que j'interpellerai ainsi !

 

Josette :

Pour rester dans le domaine des apothicaires nous avons un autre remède avec la "Thériaque" considérée comme un électuaire miracle...

Nous avons près de nous tant de charlatan qui nous soignent avec des remèdes pire que le mal sous couvert de sciences...

Oui, Josette, il y a trop de charlatans, qui s'en prennent souvent à ceux qu'il faudrait protéger, en plus. Je ne connaissais pas la Thériaque, mais un petit tour par la case dictionnaire a remédié à cela !!

 

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Et parce que cet article vous est dédié, j'en profite pour vous dire merci à tous !!

 

Je voulais simplement vous dire : votre présence me fait chaud au coeur, vos petits mots sont parfois un sourire, parfois une émotion, toujours un grand bonheur.


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Mercredi 24 novembre 2010 3 24 /11 /Nov /2010 14:05

... comme une feuille morte, encore tout doré, et pourtant... un mot dont personne ne voulait, je crois même que quelqu'un avait marché dessus, c'est dire.

Je sais bien que ce n'est pas une "chaîne", mais l'opération me plait : ADOPTONS LES MOTS !! Chacun un, il y en aura pour tout le monde, ou presque (il y a 60 000 mots dans le petit Larousse, 100 000 dans le Trésor, ça fait de la marge par rapport aux pauvres 500 mots qui représentent 90% de n'importe quel texte - même Maupassant, dans toute son oeuvre, et avec toute sa culture, n'aurait utilisé que 12000 à 15000 mots différents).

Si vous voulez connaître l'origine, les motivations de ce projet, je vous invite à lire l'article "initial" de La Michelaise ICI et LA.

Si l'opération vous plait, mais que vous n'avez pas d'inspiration pour trouver un mot à adopter, pourquoi ne pas aller voir ce petit dictionnaire des mots rares et anciens de la Langue Française, ICI ? Il n'y a certes que 5000 entrées, mais c'est une base interessante malgré son incomplétude. Il est même téléchargeable gratuitement, si vous voulez en faire votre livre de chevet !

 

Adopter un mot, j'adhère !! Il faut protéger le mot précis, celui qui dit exactement ce que l'on veut et évite de nous tromper par approximation. J'ai une affection particulière pour esperluette, abysse et hydromel, je vous en avais déjà parlé par le passé je crois, mais ils ne sont pas assez "originaux" pour cette entreprise.

J'ai donc choisi de paraîner un mot plus insolite, découvert par le plus complet des hasards, comme c'est souvent le cas, et qui me reste dans la tête comme une rengaine.

 

Ce mot, en fait, est plus une expression : "vendeur d'orviétan".

 

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Ce qui m'a plu ? Même en cherchant dans le dictionnaire, je n'ai pas tout compris à la définition d'orviétan... Je vous la livre : "Electuaire initialement préparé par Lupi à Orvieto (Toscane) au XVIème siècle, dont l'usage a cessé au XIXème siècle."

... électuaire ? Un autre mot que j'aurais pu adopter, et qui a necessité une petite recherche lexicographique : "Médicament d'usage interne à consistance de pâte molle, constitué d'un mélange de poudres fines avec du sirop, du miel ou des résines liquides."

 

En résumé, le vendeur d’orviétan est un charlatan, littéralement un vendeur de faux antidote. Comme les vendeurs de corne de licorne  Je trouve que l'expression sonne bien, pas comme un mot désuet, dont on se rappelle la sonorité mais dont on a oublié le sens, mais bien comme un mot rare et précieux.

 

Allez, pour la petite histoire, je tvous livre aussi la recette de ce remède "miraculeux" - que je déconseille de tenter, pourtant, car comme on dit, on aurait le temps de tuer un âne à coups de figues avant que ce remède agisse :

 

Recette de l'Orviétan :

 

2010-11-24_2.jpgPrenez auge, rue, romarin, de chacun une manipule ;

       chardon béni, dictame de Crete, racine d'impératoire, angélique de Bohême, bistorte, aristoloche longue, fraxinelle, galanga, gentiane, calamus aromaticus, semences de persil, de chacun une once;

       baies de laurier & de genievre, de chacun demi-once;

       cannelle, girofle, noix de muscade, de chacun trois dragmes;

       terre sigillée préparée en vinaigre, thériaque vieille, de chacune une once ;

       poudre de vipere , quatre onces; noix seches & mondées, mie de pain de froment desséchée, de chaque huit onces ;

       miel écumé, sept livres.

 

Faites du tout un électuaire, selon l'art ;

       hachez les noix mondées,

       pilez-les avec la mie de pain defléchée,

       passez-les par le tamis renversé,

       ajoutez les poudres & autres matières,

       & enfin le miel & la thériaque, qui fera fermenter le tout.

 

L'orviéran se conserve longtemps : il est utile en une infinité d'occasions, tant aux hommes, qu'aux chevaux & aux bœufs, & à tous les corps qu'on soupçonne d'être empoisonnés.


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Lundi 22 novembre 2010 1 22 /11 /Nov /2010 23:03

2010-11-22

Je revois cette source à l'eau inaltérée

Qui ondulait, diaphane, à l'ombre des noyers;

Pas un regard n'avais troublé sa chasteté.

Je revois cet instant de paix inextinguible.

  A l'heure où la ferveur abandonne ma peau,

Je me souviens, Narcisse au regard baptisé

De tant de gouttes d'eau salées, je me souviens...

  Moi qui n'avais jamais aimé, en mirant l'eau

Je me suis fourvoyé dans l'abîme abyssale

et saturé de sentiments enchevêtrés.

J'aurais dû mourir là, noyé dans ce regard,

Ignorant l'imposture des dieux, apaisé

Par d'infinis serments prononcés en silence.

J'aurais pu mourir là, mes lèvres baisant l'eau,

Et touchant de mon doigt un reflet d'éternel.

Mais, encore, le destin a voulu se venger

Des amours ingénues que j'avais ignorées,

Laver l'inaltérable affront fait à Eros.

  La morte frondaison et sa chute insouciante

A dérivé, brouillant cet idyllique écho,

Fatale ondulation qui vers moi ramena

Le monde et sa substance, au présent imparfait.

Quand, les yeux dessillés, j'ai vu se dessiner 

Mon portrait pantelant dans le visage aimé,

J'ai senti sur mes joues affleurer un sanglot.

  Oh mon dieu, qu'ai-je fait ? Par les moires trompé

J'ai brûlé mon amour aux ondes fallacieuses.

A l'heure où la chaleur abandonne mon coeur,

Je ne sais me haïr, je ne sais plus l'espoir.

Comme une frêle fleur au fugace destin,

Je prie les dieux cruels pour renaître demain,

Les yeux clos, et je meure de m'être trop aimé.


Les moires sont à la fois les reflets changeants et chatoyants d'une surface, mais aussi les divinités du Destin implacable dans la mythologie grecque.


Ne dites rien, je sais... vous trouvez que c'est un chouilla pédant ? Allons, pas de fausse gentillesse avec moi, je le sais bien, même si je préfère les mots "mythologique" et "classique". Mais c'est un parti pris, vous savez, alors pas de quoi en faire un drame !!


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